"POUR L'AVENIR DE L'HOMME, SAUVONS LES ABEILLES !"Depuis dix ans, des milliards d'abeilles meurent intoxiquées chaque année en France !(Bien d'autres pays européens sont victimes de phénomenes identiques et la disparition du cheptel apicole est déplorée partout dans le monde et en particulier aux Etats Unis.) Des pesticides toxiques vis a vis des abeilles et des autres insectes pollinisateurs portent une grande part de responsabilité dans ce désastre, toxiques pour l'environnement, fortement suspectés sur la santé humaine, insuffisamment évalués ou illégalement mis sur le marché. Ce scandale a démontré des dysfonctionnements inadmissibles dans l'évaluation des pesticides, dont la France est le deuxieme plus grand consommateur au monde ! Sans abeilles, plus de vingt mille espèces végétales disparaîtront de la surface de la terre, a la base de l'alimentation mondiale et de l'équilibre des écosystemes. Ce qui nous rappelle la citation d'Einstein : "Si les abeilles venaient à disparaître, l'homme n'aurait plus que quatre années a vivre..."
De toute urgence - c'est le devoir de chacun : |
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L’abeille n’est pas une espèce protégée. Et pourtant : elle
disparait peu à peu. Dans le monde, les apiculteurs auraient déjà perdu près de 45 % de leurs protégées selon la revue Science. Une hécatombe aux causes encore assez peu déterminées, qui
menace la survie de l’humanité.
En 2007, le taux de ruches abandonnées ou quasiment désertées atteignait 70 voire 80 % dans les pays les plus touchés. Mais que se passe-t-il ? Face au phénomène désormais appelé « syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles » (ou CCD en anglais : « colony collapse disorder »), les scientifiques restent désemparés. Une chose est en revanche évidente : c’est un problème écologique et économique majeur. Pas seulement pour la production apicole, mais pour l’agriculture et les ressources alimentaires du monde entier.
Les quelque 20 000 spécimens d’abeilles de la planète (près de 1000 en France) sont en effet les principales pollinisatrices. 80 % des espèces végétales dépendent de ces insectes. Leur butinage est donc indispensable pour la biodiversité et la reproduction d’une multitude de fruits, légumes et plantes. Ce qu’on imagine moins, c’est leur rôle économique : 35 % de la production mondiale de nourriture et 10 % du chiffre d’affaires de l’agriculture mondiale dépend d’elles. Selon le CNRS (Centre national de la recherche scientifique), l’impact économique de la pollinisation représenterait 153 milliards d’euros par an. Albert Einstein aurait même dit un jour : « Si l'abeille venait à disparaitre de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre ».
Mesures de protection
Pour l’instant, l’épidémie est inexplicable. Maladies, nouveaux prédateurs, pesticides, insecticides… les ondes électromagnétiques des téléphones portables ont même étaient évoquées. Mais rien ne peut être affirmé avec certitude. La Parlement européen a cependant décidé d’agir préventivement et formalisera demain un accord visant à interdire 22 substances dans la fabrication d’insectifuges. Le Cruiser, surnommé « tueur d’abeilles » (fabriqué par Syngenta), est déjà interdit en Allemagne et le sera en mai 2009 en France.
Au niveau national, un rapport intitulé « Pour une filière apicole durable : les abeilles et les pollinisateurs sauvages » a été remis le 10 octobre dernier à Michel Barnier, ministre de l’agriculture, et Nathalie Kosciusko-Morizet, alors secrétaire d’Etat à l’Ecologie. Son auteur, le député UMP Martial Saddier, était chargé d’analyser les causes de surmortalité de l’insecte et de proposer un plan d’action : l’organisation d’une véritable filière apicole, avec déclaration annuelle obligatoire des ruches pour permettre l’inventaire du cheptel, est préconisée, ainsi que la création d’un Institut technique et scientifique de l’abeille. Cet organe sera chargé d’élaborer et d’analyser les programmes de recherche de la filière.
Par ailleurs, l’Union nationale de l’apiculture française, dans le cadre du programme « L’abeille, sentinelle de l’environnement », encourage les villes à installer des ruches sur les toits et dans les espaces verts. Paris et Lille en ont déjà pris l’initiative pour sensibiliser la population. Car, comme l’a déclaré NKM, il ne faut pas oublier que « la subsistance quotidienne de plus des deux tiers de l’humanité, ainsi que plus de 40 % de l’économie mondiale, dépendent directement de la conservation des écosystèmes ».
Suite à la prolifération des moustiques aedes albopictus et à l’épidémie de chikungunya dont ils sont les vecteurs, de gros moyens de
désinsectisation ont été mis en œuvre. Quelles seront les conséquences de ces traitements sur les abeilles, et plus largement sur la faune pollinisatrice ?
Catastrophique ! L’île est petite et le milieu urbain et périurbain, qui devrait être le
seul traité contre les moustiques, est intimement mélangé au milieu rural. De plus, l’aérologie diffuse très largement les produits dans les moindres recoins de l’île. Les premiers traitements
mis en œuvre l’ont été dans la précipitation et les produits utilisés - produit à très large spectre et avec des rémanences longues - ont eu des effets immédiats sur la faune pollinisatrice en
général, sur la biodiversité très fragile et unique de l’île et sur toute la chaîne alimentaire plus particulièrement : les organophosphorés se stockant dans les graisses. On a assisté
également à des bavures des équipes anti-vectorielles qui ont traité des zones naturelles et des ravines avec toutes les conséquences qu’il y a pu avoir sur la faune endémique et qu’il y aura sur
le lagon.
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Quand elles survolent bruyamment la végétation, les abeilles font très peur aux chenilles, qui les confondent avec des guêpes, leur ennemi juré. Ces
dévoreuses de feuilles s'immobilisent ou finissent par déguerpir. Conclusion logique : les abeilles protègent les cultures. Deux chercheurs allemands viennent d'en faire la
démonstration.
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Les chenilles ont des oreilles, ou plus précisément un certain sens de l'audition. Leur fragile tégument est recouvert de poils qui vibrent quand passe une onde
sonore. La fréquence de résonance est ajustée sur celle du bourdonnement des guêpes, leurs prédateurs habituels. Le
bruit d'une abeille étant très semblable, quel effet aurait sur des chenilles le vol continuel de patrouilles bourdonnant autour de leur ruche ? C'est la question que se sont posée Jürgen
Tautz et Michael Rostás, deux biologistes de l'université de Würzburg. Vu les dégâts provoqués sur les cultures par les chenilles croqueuses de feuilles ou de fruits, cette interrogation pouvait
être d'un certain intérêt.
La réponse semble être oui, d'après l'étude publiée dans la revue Current Biology. Deux plants de poivrons ont été installés sous deux grandes tentes isolées de l'extérieur et les chercheurs ont introduit dans chacune dix chenilles de Spodoptera exigua. Avant qu'il devienne un papillon, cet insecte se nourrit des feuilles et provoque des ravages dans les cultures, en particulier de betteraves. Son nom anglais est d'ailleurs beet armyworm, le ver armé de la betterave. L'une des tentes disposait d'une ouverture reliée à une ruche et des produits sucrés attiraient les abeilles à l'intérieur.
Le rôle indirect des abeilles sur la croissance des plantes est méconnu
Au bout de deux semaines, le verdict est tombé, sans appel. Les plants survolés par les abeilles avaient subi trois fois moins de dommages que les poivrons de la tente de contrôle. Une seconde expérience menée avec des plants de soja a conduit aux mêmes résultats. Lorsque des guêpes approchent, les chenilles s'immobilisent complètement ou se laissent tomber au pied du plant pour éviter de se faire dévorer. La présence constante des abeilles entrave donc fortement l'activité des chenilles.
Voilà un argument de plus pour se préoccuper des réductions d'effectifs observées dans plusieurs pays des abeilles domestiques, qui jouent le rôle de sentinelle écologique, mais aussi sauvages. Il existe 20.000 espèces d'abeilles dans le monde (et un millier en France) et bien d'autres espèces d'insectes ont aussi un rôle de pollinisation. On estime que 80% des plantes à fleurs en sont dépendantes. Parmi les espèces cultivées, seules 25% ne dépendent pas des insectes (surtout les céréales). Au total, nous expliquait Bernard Vaissière, chercheur à l'Inra et spécialiste de la pollinisation, « 35% de la production mondiale de nourriture dépend des insectes pollinisateurs ».
Pourtant, les efforts de recherche pour mieux comprendre cette fonction de pollinisation sont bien faibles et ce rôle des insectes est finalement mal connu.
Aujourd'hui, le résultat de ces deux biologistes allemands démontre que cette fonction directe sur la reproduction des plantes n'est pas la seule à mettre à l'actif des insectes, ce que l'on
suspectait déjà. « Les effets indirects des insectes pollinisateurs sont jusque-là restés mal connus » expliquent les chercheurs dans l'article de Current Biology. Un
beau sujet de travail pour les biologistes...